L’éthique, ça veut tout dire et rien dire en même temps. Et pourtant, ce mot signifie beaucoup pour nous.

Si l’on veut pinailler (et on adore cela), être « éthique » devrait englober toutes les pratiques et méthodes et devrait toucher tous les domaines sensibles. À savoir toute pratique ou méthode touchant, de près ou de loin, au bien-être des individus, à la planète, à l’environnement ou encore à notre santé.

Mais on ne compte plus le nombre de produits et de marques usant sans complexe du terme dès qu’il s’agit de mettre en lumière le plus petit des pas qu’ils font dans une démarche plus « responsable ».

Un produit pourra alors être qualifié d’éthique s’il est bio, qu’importe que ses ingrédients soient récoltés par des travailleurs illégaux forcés de faire un nombre d’heures humainement impossibles pour gagner de quoi survivre.

Un produit pourra être qualifié d’éthique s’il est « fairtrade », qu’importe si les ingrédients qui le composent ont contribué à la souffrance d’autres individus, passant ainsi sous silence une exploitation au profit d’une autre.

Enfin, un produit pourra être qualifié d’éthique s’il est garanti 100% végétal, qu’importe s’il contient tout un tas de produits chimiques et autres substances chères à nos industries de masse.

Le résultat ?

On ne sait plus à quel saint se vouer. Lorsqu’on pense faire un bon geste, on apprend plus tard que notre volonté d’agir de façon responsable dans un domaine a nui à un autre.

Pourtant l’éthique ne s’arrête pas non plus à ces considérations écologiques ou humanistes. Un comportement éthique exige en toute logique certaines valeurs telles que la transparence ou l’honnêteté.

Et pour nous dépêtrer de tout cela, nous nous perdons dans toutes les façons d’essayer d’y voir plus clair et de faire les bons choix. Acheter local, faire confiance aux labels officiels, se tourner vers des coopératives ou encore des commerces spécialisés.

Malheureusement, faire des choix de consommation éthique entraîne également souvent toute une série de compromis. Ces compromis entrent parfois en conflit avec nos modes de consommation et nos habitudes. Il s’agit de devoir faire un effort, au détriment de notre confort, pour apporter notre pierre à l’édifice.

Et le plaisir dans tout ça ?

Acheter en vrac, manger bio ou végétal peut avoir un impact très positif sur l’image que nous avons de nous-mêmes et être donc très valorisant. Mais cela peut également souvent sacrifier cette part de plaisir pur, voire égoïste. Nos tables deviennent « éthiques » à défaut d’être glamours.

Et si nous vous disions qu’il est possible de concilier les deux ?

Selon nous, personne ne devrait avoir à se préoccuper de l’origine de ce qu’il consomme, des conditions dans lesquelles cela aurait été produit, de son impact sur nous, nos enfants, notre planète ou tout être vivant qui la compose. Cela devrait aller de soi.

Acheter un produit gourmet, c’est penser à son plaisir, penser à la jolie table que nous dresserons pour notre famille ou nos amis. Penser aux délicieuses recettes et aux saveurs qui nous surprendront agréablement.

La où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir. Et se sentir bridé par la nécessité de s’assurer de la confiance que nous pouvons porter ou non aux produits que nous chérissons n’est pas compatible avec une démarche de plaisir et de légèreté.

Le « vrai luxe »

Nous arrivons dans une ère où le seul nom d’une marque ne suffit plus à justifier son prix. De nombreux produits réputés n’ont aujourd’hui de luxueux que le logo qu’ils arborent fièrement.

Or, nous devrions être en droit d’exiger qu’une marque, dite haut-de-gamme, soit irréprochable et fabrique ses produits dans des conditions tout aussi propres et belles que le soin qu’elle apporte à son packaging.

À côté de cela, nous avons désormais de nombreux produits à l’emballage peu attrayant, loin de faire honneur aux pépites qu’il renferme.

À La Petite Ethicerie, nous dénichons de véritables trésors et nous veillons à sélectionner des produits aussi beaux dedans que dehors.

Car nous mangeons avec les yeux autant qu’avec le ventre. Et lorsqu’il s’agit de produits gourmets, l’aspect esthétique revêt toute son importance.

Le juste prix

Les documentaires et autres reportages nous dévoilant les coulisses de nos aliments nous prouvent que désormais, le vrai luxe, c’est l’éthique. Le bio, l’équitable se paient cher face aux économies d’échelles de nos industries. Faussant notre jugement, modifiant notre perception de la valeur des choses et nous poussant ainsi à penser qu’un produit est « trop cher » pour ce qu’il est.

Pourtant, ce que nous ingurgitons ne devrait-il pas être justement l’un des domaines principaux pour lesquels nous devrions « mettre le prix » ? Bien sûr, les lois du marché sont ce qu’elles sont et la vague « greenwashing » a su s’approprier sa part du gâteau, nous proposant ainsi des produits dits « éthiques » pour justifier un prix plus élevé.

Mais parlons du prix juste. Celui qui est calculé de façon à ce que chaque acteur de la chaîne puisse manger à sa faim et vivre une vie décente.

Car le prix que nous refusons de payer, c’est quelqu’un d’autre qui le paiera à notre place. Qu’il s’agisse d’un petit producteur au fin fond de l’Indonésie, de l’enfant exploité dans les champs en Espagne ou encore de la poule enfermée dans sa cage de la taille d’une feuille A4, il y a toujours quelqu’un, quelque part, qui paie par des conditions de travail misérables voire même de sa vie, ce prix qui nous semble inhabituellement élevé.

Le prix juste est donc un prix respectant tant les producteurs que les consommateurs. Le supplément perçu sert à un rapport équitable et à une production responsable sans pour autant gonfler les marges bénéficiaires.

Faisons la fine bouche

On ne cesse de nous le répéter. En tant que consommateurs, nous avons le pouvoir de changer les choses. Mais avant de faire peser sur nos épaules le poids de la responsabilité que chacun devrait se partager, il est un devoir que nous ne pouvons plus ignorer. Celui de faire entendre notre voix afin d’être respectés. Et bénéficier de produits de qualité, fabriqués dans des conditions éthiques en est un. Car à aucun moment nous n’avons cautionné la souffrance des autres pour notre propre plaisir. Nous ignorons d’ailleurs les coulisses de ce que nous consommons. Et même en nous informant, nous sommes souvent à des années-lumière d’imaginer tout ce qui peut se cacher derrière ces méthodes de production intensives, bon marché et de masse.

Exigeons le meilleur. Pour nous-mêmes ainsi que pour ceux qui travaillent pour nous permettre de bénéficier de ces produits que nous aimons.  

Un processus permanent

Adopter un mode de vie éthique ne se fait pas du jour au lendemain. De même qu’il est humainement impossible de devenir 100% éthique. Soyons honnêtes.

Et alors ? Cela ne doit pas nous décourager ni nous servir d’excuse pour ne rien faire. Chaque petit pas compte et constitue une étape supplémentaire vers un monde fait de davantage de compassion et de solidarité.

Nous faisons partie d’un tout. Les autres êtres humains, les animaux, la nature…  cet ensemble n’existe pas pour nous, mais avec nous. Cette cohabitation implique une certaine prise de conscience de notre place dans le monde.

La Petite Ethicerie se veut le reflet de cette évolution permanente. Tout n’est pas aussi parfait qu’on le voudrait, c’est certain. Certains de nos produits sont totalement respectueux des producteurs, mais proviennent de l’autre bout du monde. D’autres produits sont tout à fait naturels et biologiques, mais sont conditionnés dans des emballages que nous jetterons.

Par contre, dès que nous le pouvons, nous choisissons les produits les plus proches, nous privilégions le local et nous optons pour des conditionnements recyclés ou compostables.

Chacun de nos produits a également fait l’objet d’une recherche approfondie, d’échanges avec les producteurs et fournisseurs lors desquels nous leur posons tout un tas de question pour connaître la provenance des produits et leurs méthodes de production. 

Nous devons d’ailleurs nous résoudre à refuser certains produits par manque de transparence ou d’engagement. Et nous devrons peut-être, à l’avenir, supprimer certains produits de notre assortiment parce que les conditions de fabrication auront changé ou parce que nous aurons réussi à trouver encore plus éthique.

Nous évoluons au même rythme que le monde et nous sommes fiers de pouvoir dire que nous sommes en amélioration permanente. Et ceci est valable au sein de notre boutique comme au sein de notre foyer.

Si vous lisez ces lignes, c’est que vous vous êtes déjà lancés (ou comptez peut-être vous lancer) sur le chemin d’une consommation plus éthique. Soyez donc, vous aussi, fiers de votre démarche. Et surtout, gardez le cap ! Quels que soient les doutes, les difficultés ou les frustrations que vous rencontrerez, dites-vous toujours que le changement est en marche et que vous en faites désormais partie.

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